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Bases moléculaires de la conscience et vie éternelle

 
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Loo


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MessagePosté le: Lun 14 Nov - 15:29 (2011)    Sujet du message: Bases moléculaires de la conscience et vie éternelle Répondre en citant

Bases moléculaires de la conscience et vie éternelle
Rev Med Suisse 2009;5:746


Il arrive parfois que la science donne le vertige. C’est tout particulièrement vrai lorsqu’elle s’approche des frontières de l’infini ou des mystères du biologique. Deux publications récentes témoignent de ce troublant phénomène. La première concerne l’accès à la conscience ; la seconde porte sur la ressuscitation d’un organisme vivant.
La conscience, cette faculté de percevoir sa propre réalité et son activité psychique, a longtemps été un concept travaillé par les philosophes puis par les psychiatres. Grâce aux nouveaux outils de visualisation de l’activité cérébrale, la conscience est depuis peu un objet de recherche et de débat scientifique pour les spécialistes des neurosciences. Un groupe de chercheurs (travaillant à l’Institut national français de la santé et de la recherche médicale, au Cnrs, au Centre de recherche de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, de l’Hôpital Sainte-Anne et de l’Hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris) vient pour la première fois de décrypter les bases moléculaires de l’accès à la conscience. Ces travaux sont publiés dans la revue PLoS Biology.1
L’équipe dirigée par Raphaël Gaillard, Stanislas Dehaene et Lionel Naccache a choisi, comme voie d’approche, la technique de présentation visuelle subliminale. Elle consiste à «flasher» brièvement des mots à des personnes avec une durée d’apparition dont on sait qu’elle ne permet pas une lecture consciente. La technique a ici été utilisée parallèlement à un enregistrement continu de l’activité cérébrale chez dix patients épileptiques dont la prise en charge médicale nécessitait l’implantation transitoire d’électrodes profondes intracérébrales dans une perspective chirurgicale. Cette situation a permis aux chercheurs d’observer directement l’impact des présentations subliminales à l’échelon cérébral. Ce travail avait reçu en décembre 2004 le feu vert du Comité d’éthique pour la recherche biomédicale de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, les dix personnes avaient donné leur consentement éclairé et les chercheurs expliquent avoir travaillé en respectant les principes de la Déclaration d’Helsinki de l’Association médicale mondiale.
La même équipe avait publié en 2005 dans les Proceedings of the National Academy of Science une étude montrant que l’on peut accéder au contenu émotionnel induit par certains mots («meurtre», «menace», «peur»…) sans avoir eu conscience de les voir. «Une fois démontrée cette diversité des processus inconscients, nous nous sommes demandé ce qui les différencie des mêmes processus survenant consciemment : comment distinguer au niveau cérébral un mot inconsciemment perçu d’un mot consciemment perçu ?» explique le psychiatre Raphaël Gaillard (Université Paris Descartes).
Les enregistrements intracérébraux réalisés permettent aux chercheurs d’associer la précision spatiale de l’implantation d’électrodes (de l’ordre du centimètre) et la précision temporelle de l’électrophysiologie (de l’ordre de la milliseconde).
Ils expliquent aujourd’hui que la conscience des mots perçus est associée à quatre marqueurs de l’activité cérébrale : une réponse électrique du cerveau persistant plus de 300 ms après la présentation du mot ; des oscillations électriques tardives et prolongées, avec notamment une augmentation de puissance dans les fréquences élevées (bande gamma) par rapport à une perception inconsciente ; une augmentation tardive et prolongée des oscillations simultanées (synchronies) de deux aires cérébrales distantes dans les fréquences moyennes (bande bêta) ; une augmentation tardive et prolongée de la communication réciproque entre des aires cérébrales distantes.
Plus précisément, ces quatre marqueurs apparaissent entre 300 et 500 millisecondes après la perception d’un mot et semblent refléter une coopération cérébrale intense. Et c’est leur convergence qui caractérise le mieux l’accès à la conscience. On attend avec autant d’intérêt que d’effroi les prochaines étapes de cette quête.
Publié dans Cell, le second travail traite de rien moins que de l’immortalité et de la bactérie Deinococcus radiodurans.2 Il a été mené par un groupe de chercheurs dirigé par Miroslav Radman (Université Paris Descartes/Unité génétique moléculaire, évolutive et médicale de l’Inserm). On sait que Deinococcus radiodurans doit sa célébrité à son incroyable résistance due à sa capacité de ressusciter en quelques heures après réparation de son ADN.
Cette bactérie a été découverte en 1956 dans l’Oregon : elle demeurait vivante dans des conserves de viande après le traitement pourtant radical que constitue la stérilisation par rayonnement gamma. Elle survit, entre autres, aux radiations, à la déshydratation extrême, au vide, aux produits chimiques toxiques, et aux autres agents qui endommagent l’ADN.
On sait que lorsqu’il est exposé à des radiations très importantes, l’ADN de cette bactérie se dégrade en centaines de fragments. Mais en quelques heures seulement Deinococcus radiodurans parvient à reconstituer la totalité de son génome. Après avoir élucidé ce mécanisme de réparation, les chercheurs se sont intéressés aux protéines impliquées dans ce phénomène. «Nous voulions notamment savoir si cette bactérie a inventé un nouveau système de réparation de l’ADN ou si elle utilise un système connu mais plus efficace» explique Miroslav Radman.
Il est bien établi que la réparation de l’ADN implique plusieurs types d’enzymes : les protéines homologues de RecA, créant des boucles appelées «D-loop» qui initient la réparation de l’ADN ; la polymérase I, enzyme dédiée à la réparation de l’ADN ; et la polymérase III consacrée à la réplication. Les scientifiques ont ici testé des bactéries mutantes ayant une déficience pour chaque enzyme. Au terme d’un travail assez sophistiqué analysant comment un organisme bactérien «cliniquement mort» parvient à revivre à l’identique avec intégrité retrouvée de l’ADN et synthèse opérationnelle des protéines, ils sont formels : Deinococcus radiodurans n’a pas inventé un nouveau système de réparation de l’ADN pour survivre à des conditions extrêmes. Elle ne fait qu’utiliser les enzymes connues et communes à tous les organismes vivants. Il s’agit du système de réparation le plus efficace mais aussi le plus précis car il n’y a pas d’augmentation du nombre de mutations après réparation de l’ADN irradié. Faut-il voir là, dans cette capacité du vivant à revenir à la vie sinon à la conscience, une lueur d’espoir ?
Bibliographie
  1.  Gaillard R, Dehaene S, Naccache L, et al. Converging intracranial markers of conscious access. PLoS Biology, 17 mars 2009.
  2.  Slade D, Lindner AB, Paul G, Radman M. Recombination and replication in DNA repair of heavily irradiated Deinococcus radiodurans. Cell, publié le 19 mars 2009. DOI : 10.101 6/j.cell.2009.01.018.




source : http://rms.medhyg.ch/numero-197-page-746.htm


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MessagePosté le: Lun 14 Nov - 15:29 (2011)    Sujet du message: Publicité

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